Je suis en colère contre
moi
parce que tout.

Maman était là, elle n’est plus, elle est
Partie.
Elle a tout pris avec elle.
Ici plus rien du tout qu’elle a pris.
Moi, lui, l’autre est
Là maintenant il faut
accepter d’aller sans la main qui nous retient de
tomber.

J’ouvre. Les yeux. Devant, tout. Dedans vidée mangée par la largeur la longueur et la hauteur des jours. Quand je dis tout c’est tout. Tout devant moi. Lumière pluie abondance à s’y perdre et à ne plus s’y retrouver. Abondance. Mais vide. Page blanche. Page froissée à jeter dans une poubelle. Avec les autres. Quand je dis les autres, je parle de déchets.

« Je »

Je suis là.
« Je » aussi.
J’aurais aimé empêcher « je » dans poèmes.

Rire, refrain que « je » chante de plus en plus
mal.

Mais «mots » parce que et pour
tous les matins coincés dans la gorge.
Duràavaler.

Là.

Tu es assise debout allongée sur le canapé par terre sous terre le lit au-dedans
Tu bois manges craches laves frottes marches cours

-vomis

Tu cherches trouves laisses délaisses perds
recherches :
Il est là.

**

Il est là
c’est toi qui
cherches trouves mais laisses
Te perds (se perdre)

**

Ne te perds pas.